Le chercheur non-standard.

Après avoir exprimé librement ses convictions dans des livres grands publics, sa hiérarchie au CNRS le caractérise comme étant un chercheur compétant mais "non-standard".
Une remarque qui consterne JP Petit, celons lui un chercheur ne peut pas être standard. A l'inverse, il propose une démarche fondée sur la capacité d'imaginations, ou le scientifique se doit de sortir des sentiers battus.
La recherche revenant à s'aventuré là où personne n'a été, où il n'existe pas de cartes. Le chercheur doit oser entrée en terra incognita !!!
Pour JP Petit, l'homme a du mal à dépasser ses propres arcanes et à penser au-delà.
Ayant le sens de la formule, il lui est arrivé d'interpeller son auditoire par une phrase sous forme de question : "Jusqu'où peut ton penser trop loin ?".

Pour se donner les moyens d'émettre une ou plusieurs réponses à cette question, essayons de comprendre comment font la majorité des scientifiques pour diriger leurs travaux ?
Quel procédé est utilisé par les membres de la communauté scientifique pour produire des connaissances, pour formuler des affirmations ? Essayons de comprendre la démarche communément admise, qui anime le plus grand nombre de chercheurs en astronomie, en cosmologie, en physique nucléaire.

La méthode scientifique

Dans une enquête policière, l'inspecteur utilise une méthode d'investigation précise, auquel il doit se plier avec rigueur. En cas de vis de procédures toute l'enquête peut être remise en question.

Pour produire des connaissances valides, il est indispensable d'utiliser une méthode scientifique pour nous guider dans ce travail. Qu'il s'agisse d'observations, d'expériences, de raisonnements, ou de calculs théoriques. Cette méthode a pour but de protéger le chercheur de la subjectivité.

La méthode scientifique
La façon d'accéder à la connaissance, est l'objet de l'attention des philosophes depuis l'Antiquité. Aristote (384-322 av. J-C.) est le premier à réfléchir sur l'élaboration d'une méthode scientifique.
Une évolution importante se produit en 1637. René Descartes publia "le Discours de la méthode" qui contient une démarche à suivre par étapes afin de parvenir à une vérité.

La méthode scientifique a évolué au fil des siècles. Le processus exact varie entre les disciplines scientifiques, mais elles suivent toutes un principe général : observer - prévoir - tester - généraliser.
La méthode la plus élémentaire de recherche scientifique repose sur l'induction. Il s'agit de savoir comment trouver une loi générale à partir d'un nombre limité d'observations.
D'autres parts, la méthode doit remplir certaines conditions comme la reproductibilité. Cette condition part du principe qu'on ne peut tirer de conclusions que d'un événement bien décrit, qui est apparu plusieurs fois, provoqué par des personnes différentes.
La méthode est aussi pourvue d'outil tel que le "rasoir dOccam" qui permet de choisir entre deux théories pour savoir laquelle est préférable, la plus «probable».

Mais qui pose le cadre de ces méthodes scientifiques ? qui les critiques ?

L'épistémologie

Ce que les boeufs-carottes sont à la police, l'épistémologue l'est à la science.

L'épistémologie est une branche de la philosophie qui a pour objet l'étude critique des principes, des concepts fondamentaux, des méthodes, des pratiques, des théories et des résultats des différentes sciences.

Karl Popper
Elle à par exemple produit "Le réfutationnisme" présenté par le philosophe Karl Popper (1902 - 1994) pour produire des connaissances scientifiques les plus fiables possible.
Le scientifique doit remplir une condition : produire des énoncés réfutables. Une théorie n'est scientifiquement acceptable que si elle est « réfutable », c’est-à-dire qu'elle peut être soumise à des tests expérimentaux afin de vérifier la concordance de ses prédictions théoriques avec les observations. Une hypothèse qui, même fausse, ne pourrait être prise en faute par aucune expérience ou observation n'est pas scientifique..
Par exemple c'est en s'appuyant sur un tel critère que Popper critique la psychanalyse, qui selon lui ne répond pas à cette exigence de réfutabilité, la psychanalyse reposant sur des hypothèses qui les immuniseraient contre toute critique. Il propose ainsi de voir dans la réfutabilité le critère permettant de distinguer la science de la non-science.

Karl Popper à largement influencé l'approche des sciences moderne et l'état d'esprit des scientifiques. Dans ce contexte général imprégné par le réfutationnisme le caractère non scientifique d'une théorie est souvent considéré comme synonyme de « sans intérêt scientifique ». Ce qui sous-entendrait que la science ne se préoccupe que de ce qui est « scientifique ».
Une discipline qui est considéré comme une non-science est alors dénommée "pseudo-science". Hors une personne travaillant sur une pseudo-science n'est pas considéré comme un vrai scientifique digne de ce nom.
Tout cela produit un effet pervers : la désertion totale des scientifiques à l'approche de sujets d'études classé "speudo-sciences". Un chercheur tenant naturellement à conserver une bonne réputation. Cet état de fait à laissé aux gourous, aux charlatans et autres amateurs peu éclairé l'opportunité d'investir à eux seul, le terrain de l'étrange et du paranormal.

Comment le milieu scientifique a t'il répliqué à cette profusion de mystificateurs ?

La zététique, le GIGN de la science.

La science se voit doté d'une brigade d'intervention spéciale en milieu paranormal : la Zététique.

La zététique est "l'Art du doute" tel qu'elle est définie par Henri Broch qui la remit au goût du jour en France. Cette discipline est synonyme de "méthode scientifique" et d'esprit critique". Elle est, pour reprendre le mot du biologiste Jean Rostand, une "hygiène préventive du jugement".
Elle se réclame aussi du scepticisme scientifique, et plus généralement de la démarche de doute cartésien qu'elle décrit comme nécessaire en science comme en philosophie.

Plusieurs associations de Zététique existe : Le laboratoire de Zététique avec 2 Membres d'Honneur qui sont Georges CHARPAK, Pierre-Gilles de GENNES (tout les 2 prix Nobel de physique)
Le Cercle Zététique actuellement dissous (ligne dure). L'Observatoire Zététique Plus modéré que le précédant.

Une démarche scientifique, des prix Nobel de physique. Des personnes ayant la tête sur les épaules et les pieds bien sur terre.
Examinons le résultat de leurs travaux : L'étude des phénomènes OVNIS rentrent en ligne de mires et sont abondamment passé au crible. Plus globalement l'Ufologie est couramment analysée par les Zététistes et battue en brèches.
JP Petit fait l'object d'une analyse par le Cercle Zététique et se voit totalement décrédibilisé (voir ici).

Voici une discipline remettant de l'ordre dans le sombre obscurantisme du paranormal, mais ...
Attention aux démarches tenant de la chasse aux sorcières. Il faut prendre garde à ce que la science ne devienne pas une idéologie répressive après avoir été dans l'histoire un mouvement libérateur. Le Cercle Zététique est la représentation de se qu'il faut éviter autant que possible.
Il est impératif d'éviter la posture Zététiste qui ne chercherait qu'une farouche opposition en vue d'obtenir un discrédit radical. Au delà de se fourvoyer sur la nature de la personne qui sort du conformisme ambiant (qui peut se révélé être un hétérodoxe, un hérétique et non un aigrefin, un gourou ou un illuminé), le risque est grand d'alimenter un profond ressentiment. C'est comme cela que l'on créer indéfiniment de l'animosité, de la rancoeur, ce processus est à fuir. Etre piqué au vif sur la place publique, se voir exposé à une vindicte humiliante, se faire épingler par une zététique belliqueuse, conduit inexorablement à l'enfermement, au repli sur ses positions, voir à la radicalisation de ses idées. Soit le juste opposé de l'objectif visé par la zététique : faire s'atténuer les croyances.

Pour exemple différent, l'Observatoire Zététique semble faire preuve d'une certaine modération. Après les conclusions de leurs enquêtes de démystification, ils poursuivent une relation plus constructive avec leurs cibles : Celle d'encourager et de promouvoir une méthodologie scientifique (aux Ufologues en l'occurrence).

Un peu d'anarchie dans la rectitude Poppérienne

La méthodologie scientifique c'est perfectionné pour augmenter la fiabilité des productions de connaissances. Mais en même temps, elle c'est aussi rendu de plus en plus rigide .

Paul Feyerabend
L'épistémologue Paul Feyerabend (1924 - 1994) c'est opposé à cette posture de l'épistémologie dominante. Feyerabend a défendu l'idée qu'il n'existe pas de règles méthodologiques immuables dont les scientifiques devraient toujours se servir, et qui garantiraient de façon incontestable la validité de leurs recherches. Il a reproché à une telle méthodologie prescriptive de limiter le champ d'activité des scientifiques et de restreindre par là-même le progrès scientifique (voir "la contre méthode" publié en 1975).
Selon lui, une "dose" d'anarchisme méthodologique ne pourrait être que profitable à la science.

Pour Paul Feyerabend, l'erreur de Karl Popper est d'avoir ignoré ou sous-estimé les liens étroits qui existent entre les sphères politiques et sociales et la sphère du savoir scientifique. Dès lors, partant ainsi d'une image tronquée et simpliste du scientifique et de son environnement institutionnel, le Poppérisme débouche sur un modèle abstrait qui ne correspond que de très loin à la réalité, et qui ignore l'importance de la diversité des pratiques scientifiques, le rôle de la communication du savoir, et de la sensibilité artistique et émotionnelle dans l'élaboration du savoir scientifique.
Paul Feyerabend va encore plus loin, à la limite de la provocation : " Ainsi la science est beaucoup plus proche du mythe qu’une philosophie scientifique n’est prête à l’admettre. C’est une des nombreuses formes de pensées qui ont été développées par l’homme, mais pas forcément la meilleure. La science est indiscrète, bruyante, insolente; elle n’est essentiellement supérieure qu’aux yeux de ceux qui ont opté pour une certaine idéologie, ou qui l’on acceptée sans jamais avoir étudié ses avantages et ses limites. Et comme c’est à chaque individu d’accepter ou de rejeter des idéologies, il s’ensuit que la séparation de l’État et de l’Église doit être complétée par la séparation de l’État et de la Science : la plus récente, la plus agressive et la plus dogmatique des institutions religieuses. Une telle séparation est sans doute notre seule chance d’atteindre l’humanité dont nous sommes capables, mais sans l’avoir jamais pleinement réalisée."

Voici donc une forme de résistance, "l'anarchie épistémologique" incarné dans la citation de Paul Feyerabend : - Toutes les méthodologies ont leurs limites, et la seule "règle" qui survit, c'est "tout est bon" -

Les philosophes nous produisent donc un bel entremêlas épistémologique. Cependant il faut garder à l'esprit que la communauté scientifique reste plus Poppérienne que Feyrabendiène, et dans ce cadre JP Petit s'est sérieusement enlisé dans de constantes et virulentes controverses. Celui-ci finissant par être tenu à l'écart de sa communauté.
Cette exclusion est t'elle discriminatoire et injuste ? JP Petit est t'il frappé d'ostracisme ?

La suite au chapitre n°3 : La vidéo.